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Formuler ses pensées, l’art de se faire comprendre !

Oh de lali, virevoltants chenapans du web !

Formuler ses pensées, c’est l’art de faire passer un message clair et efficace à vos interlocuteurs.

Cela vous donne une sorte de pouvoir magique avec les mots qui vous permet de vous sentir compris et d’avoir de l’impact sur les gens à qui vous vous adressez.

Et même si maîtriser cet art demande quelques efforts, il est à la portée de tout le monde !

« Entre ce que je pense,
ce que je veux dire,
ce que je crois dire,
ce que je dis,
ce que vous voulez entendre,
ce que vous entendez,
ce que vous croyez comprendre,
ce que vous voulez comprendre,
et ce que vous comprenez,
il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. »
– Citation populaire dont la paternité n’est pas clairement établie

Le processus de communication étant complexe à différents étages, autant minimiser les risques de mauvaises interprétations. Pour cela, concentrons-nous sur les moyens locutifs les plus propices pour une bonne communication.

Pour comprendre et maîtriser les rouages de la formulation des pensées, nous nous pencherons d’abord sur le choix des mots lorsque l’on s’exprime. Nous verrons ensuite le rôle de l’intonation dans la transmission d’idées à l’oral. La communication non-violente sera le troisième point abordé puis le suivant concernera le degré d’explicitation qui accompagne les propos. Ensuite, nous traiterons de la dialectique pour en déceler certaines subtilités et devenir un ninja verbal !

Nous terminerons avec un résumé de toutes ces notions en adéquation avec notre définition générale de l’intelligence.

En gros, voici un chapitre qui met à votre disposition les outils pour devenir un brillant communiquant et vous prémunir contre les orateurs fallacieux.

Ah, au fait ! Petite parenthèse avant le début de l’avalanche de données que je vais partager : vous avez pu remarquer que de manière générale (dans mes autres billets) j’alterne des mises en situations et explications très simples avec des idées condensées qui méritent plusieurs relectures pour être intégrées.

Par conséquent vous êtes libre de poursuivre votre lecture lorsqu’un passage semble compliqué ou indigeste parce qu’il y a de fortes chances que le concept, aussi complexe qu’il puisse avoir l’air, soit expliqué de manière plus élémentaire dans les lignes qui suivent !

Une fois l’idée générale acquise, il sera toujours temps de revenir sur les points spécifiques qui vous ont échappé.

Yallah !

1. Le choix des mots, le niveau de langue et l’idiome

Commençons donc avec l’importance que revêt le choix des mots dans l’art de formuler ses pensées.

Mettons de côté pour l’instant le rôle de l’intonation que nous aborderons au point suivant et restons focalisés sur ce qui est dit et non sur comment cela est dit.

Pour entrer en matière, rien de tel qu’un petit exemple de derrière les fagots.

Situation :

Vous êtes à table, vous voulez du pain. Easy !

Pour formuler votre demande, vous pouvez la communiquer ainsi :

  1. « Passe-moi le pain. »
  2. « Excusez-moi, pourriez-vous me passer le pain s’il vous plait ? »
  3. Tendre la main en direction du pain et croiser le regard de quelqu’un
  4. Vous lever et prendre le pain
  5. « Chapiteau, chapiteau, trop la classe en pédalo » (Bon, là, vous avez de graves problèmes mentaux et il y a peu de chance qu’on vous donne du pain)
  6. « May I have the bread please ? »
  7. « Pain ! »

Dans tous les cas, votre motivation est la même : obtenir le pain. Cependant la formulation peut impacter de bien des manières votre interlocuteur !

Ces exemples, hyper-simples, nous offrent l’opportunité d’analyser une action qui peut avoir l’air banale au demeurant.

Première constatation, le niveau de langue est différent. L’option 1. «  Passe-moi le pain » est plus familière que l’option 2. « Excusez-moi, pourriez-vous me passer le pain s’il vous plait ? ».

Déjà, le niveau de langue va permettre à votre interlocuteur de se faire une idée (superficielle) de qui vous êtes, de votre milieu social et même pour certains de cataloguer votre intelligence (alors qu’il ne s’agit que d’un ersatz (*une petite partie) de celle-ci) !

Deuxième remarque, il faut que les propos soient intelligibles et corrélés à votre demande : 6. est incompréhensible pour quelqu’un qui ne parle pas l’anglais et 5. n’a aucun rapport avec ce que vous désirez obtenir. La demande 7. ne permet pas de comprendre clairement votre intention.

Troisième réflexion, le choix de la formulation peut provoquer des réactions différentes :

Imaginez que ces demandes vous soient adressées par une personne que vous connaissez relativement peu. Il y a fort à parier que l’option 2. vous semble la plus courtoise ! Pas seulement par rapport au niveau de langue mais notamment par la présence du « s’il vous plait ». De plus les possibilités 3. et 4. peuvent être jugées étranges en fonction du contexte.

Au-delà de ça, les questions à se poser au moment de communiquer quelque chose sont :

–         Quelle est mon intention ? Pourquoi je communique ? (Obtenir quelque chose, exprimer sa joie, négocier un contrat, combler un vide, faire rire, etc…)

–         Quel sentiment vais-je déclencher chez mon interlocuteur ?

Reprenons rapidement l’exemple du pain.

L’intention est prioritairement d’obtenir le pain… au cas où vous n’auriez pas encore compris 🙂

Dans cette situation-là, on ne désire probablement pas déclencher un sentiment particulier chez l’interlocuteur. Cependant, il faut rester vigilant : par exemple, dans le cas de l’utilisation de la formulation 1. ce dernier peut ressentir un manque de respect. Ce ne sera pas forcément le cas puisque cela dépend entre autre du contexte et du système de valeur de cette personne. Il s’agit juste d’un aspect à prendre en compte.

Soulignons donc ici que l’utilisation de certaines formulations et de certains mots peut être interprétée différemment selon la personne à qui l’on s’adresse.

Par exemple, un mot comme « marginal » peut être connoté péjorativement pour certains alors que d’autres sont fiers de se l’attribuer !

Il est à noter que pour beaucoup de gens, la plupart du temps, cette réflexion concernant l’impact sur l’interlocuteur n’est pas consciente. On se contente d’adapter notre niveau de langue en fonction de l’autre et de la situation et l’on néglige les impacts plus subtils que la formulation peut engendrer.

Pour éclaircir davantage encore ce point particulièrement important, prenons un exemple un peu plus poussé.

Situation :

Votre voisin promène son chien tous les soirs et ce dernier a pris l’habitude de faire ses besoins devant votre porte d’entrée (on parle du chien, pas du voisin, hein ?). Cette situation vous embête et vous voulez y remédier.

Vous décidez donc de communiquer votre mécontentement :

  1. Vous tapez à la porte de votre voisin et lorsque celui-ci arrive, vous lui dites : « Bonjour monsieur Gougnafier. J’ai constaté que votre chien fait ses besoins devant ma porte et cela me dérange. Pourriez-vous faire en sorte que cela ne se reproduise plus s’il vous plait ? Merci, au revoir. »
  2. Vous prenez votre voisin et son chien sur le fait et vous hurlez: « ESPÈCE DE PORC ! VOUS N’AVEZ PAS HONTE ! QUE JE NE VOUS Y REPRENNE PAS OU ÇA VA CHAUFFER ! »
  3. Vous allez déféquer devant la porte de votre voisin, il devrait comprendre…
  4. Vous croisez votre voisin à la boulangerie du coin et vous le regardez d’un air sévère en disant à la boulangère de manière à ce qu’il entende « ce quartier est devenu vraiment sale, il y a des gens qui se croient tout permis et qui font faire leurs besoins à leurs animaux même devant ma propre porte ! »

Selon l’option que vous sélectionnez (parce que oui, vous avez le choix !), l’impact sur votre voisin sera différent. Il se peut même que le résultat de votre démarche ne soit pas celui escompté. Par exemple, si ce dernier a été blessé par vos propos, il se peut qu’il continue de laisser son chien faire ses besoins devant chez vous. De plus, si vous persistez dans un même mode de communication inefficace, vous entrerez dans un cercle de violence qui vous éloignera d’autant plus de votre objectif de base : ne plus avoir de déjections canines à votre seuil. Ce problème de dialogue pourra aussi devenir l’instigateur d’un climat de tension croissant, ce qui est fort peu enviable. Nous verrons dans le troisième point comment formuler ses pensées de manière non-violente.

Il est donc essentiel de communiquer d’une façon qui serve vos desseins et qui soit compréhensible par les autres partis.

Il est aussi pertinent de constater l’impact de la langue sur ce qui est dit. La structure du langage (français, anglais, chinois, japonais, arabe, khmer, etc…) établit dans une certaine mesure ce que l’on peut dire et ce que l’on ne peut pas ! Par exemple : il n’y a pas de vouvoiement en anglais.

Lorsqu’un même individu s’exprime dans différentes langues, les autres pourront avoir une perception de lui divergente. C’est de ce fait que naît l’impression d’avoir une personnalité qui change en fonction de l’idiome (*la langue) dans lequel on s’exprime !

Avant de clore ce premier point, observons le phénomène suivant :

Situation :

Vous êtes dans un groupe et vous lancez une idée. Personne ne semble y réagir. L’instant d’après, une autre personne reprend votre idée en l’exprimant différemment et là, c’est un succès retentissant !

Déduction :

Le manque d’enthousiasme pour votre idée ne vient pas de l’idée en elle-même mais de la manière dont vous l’avez communiquée.

Le groupe n’a pas été en mesure de saisir votre idée puisque les mots que vous avez utilisés ne les ont pas atteints. Si votre intention est de toucher les gens avec vos idées, il faut leur délivrer le message d’une façon qui leur convienne !

À partir de là et si cela vous tient à cœur, que vous tenez à être reconnu, vous êtes libre de faire remarquer à tous que l’idée vient de vous et en réclamer la paternité. Tout dépend de la situation : si vous voulez simplement que votre idée soit mise en exécution, ce n’est même pas la peine de la revendiquer. C’est même une réelle aptitude de pouvoir induire une idée pour que votre interlocuteur ait l’impression qu’elle vienne de lui. L’impact n’en sera que plus retentissant !

Nous pouvons donc extraire de toutes ces observations une loi primordiale de communication. Même si elle semble évidente, elle n’en est pas pour le moins fondamentale : Adaptez-vous à votre interlocuteur et choisissez précautionneusement vos mots que ce soit à l’oral ou à l’écrit !

Voyons à présent l’importance de l’intonation, c’est-à-dire la manière de dire les choses.

2. L’intonation

Au même titre que le choix des mots, la façon de les dire va déterminer la perception qu’auront les autres de ce que vous dites.

L’énergie que l’on met dans la communication d’une idée influence considérablement comment les autres la perçoivent.

De plus, votre sympathie, colère, suffisance, timidité, toutes les émotions qui accompagnent vos propos vont modifier la perception de ceux-ci.

Aussi, la fluidité de votre discours, la présence de pauses, le volume, la profondeur de votre voix et votre débit de parole sont également des paramètres à considérer.

Illustrons cela dans l’exemple suivant qui est à peu de choses près identique au dernier du point précédent :

Vous êtes dans un groupe et vous faites une blague. Personne ne semble y réagir. L’instant d’après, une autre personne qui vous a entendu répète votre blague et tout le monde s’écroule de rire !

Déduction :

Le manque de réaction ne vient pas de la qualité de votre blague mais de la manière dont vous l’avez communiquée.

Le groupe n’a pas été en mesure de saisir votre plaisanterie. Cela peut être dû à votre volume sonore, au manque d’enthousiasme dans votre voix, ou encore à une émotion contradictoire avec le reste du groupe. Quoi qu’il en soit, si la personne qui a répété votre galéjade a eu plus de succès que vous sans changer la tournure de la phrase, c’est que c’est votre manière de l’exprimer qui n’a pas été efficace !

De manière générale, on accorde plus d’importance aux propos de quelqu’un qui s’exprime clairement avec un volume sonore convenable.

Même si ces constatations semblent évidentes pour beaucoup, leur application quotidienne ne l’est pas pour autant !

Un simple « bonjour » peut être porteur de milles messages.

Ceci ayant été énoncé, intéressons-nous à présent à communiquer nos pensées sans blesser l’autre.

3. La communication non-violente

Attaquons maintenant la communication non-violente (Haha !).

Quand je parle de communication non-violente, cela va bien au-delà des propos agressifs ou insultants. Pour communiquer une idée tout en respectant son interlocuteur il est important de prendre certains facteurs en compte.

Prenons quelques exemples de violence verbale :

  • « Tu es quelqu’un de feignant. »

AIE ! Un jugement tranché sur la personne, rien de tel pour atteindre l’image de soi de votre interlocuteur. De manière générale, les jugements sur les personnes sont extrêmement violents car ils ne laissent pas la possibilité à l’individu ni de les démentir ni la possibilité de s’en extraire. L’autre est donc impuissant face à ce genre de commentaires.

Pire, si ces critiques sont répétées sur une base régulière, elles peuvent s’immiscer dans l’esprit de la personne visée, éventuellement jusqu’au point où cette dernière puisse s’y conformer comme le démontre l’effet pygmalion.

Solution : « Je vois que tu ne mets pas beaucoup d’énergie dans ce que tu es en train de faire » Hop ! Une simple reformulation, le message est le même mais l’impact est sensiblement autre.

  • « C’est toujours pareil avec toi. » « Tu as encore fait ça… »

Considérer une ligne de conduite générale pour définir un individu et exclure l’unicité de l’instant. Le souci dans ce genre de remarque est sensiblement le même : au lieu d’inviter l’autre à revoir son point de vue et agir différemment, on le cantonne à ce qu’il a déjà fait. Il n’y a donc pas dans ce genre de formulation la moindre place pour négocier une autre tournure des évènements.

Solution : Énoncer la conduite que vous aimeriez que l’autre tienne cette fois-ci et les prochaines. À noter qu’il faut éviter le « encore » qui est redondant et apporte une valeur négative aux propos.

  • « De toute façon, tu as toujours raison »

Souvent accompagné d’un départ pour shunter la conversation. Probablement la phrase qui laisse le moins de place à l’argumentation ! Elle crée une situation qui met l’autre dans une position où la conversation n’est plus possible, créant un malaise dans les deux camps.

Solution : « Faisons une pause. Apparemment nous ne sommes pas d’accord pour le moment. »

Voilà donc quelques exemples quotidiens qui peuvent s’avérer plus blessants qu’ils n’y paraissent au premier abord.

Pour entretenir des relations courtoises avec son entourage, je pense qu’il est essentiel d’accorder une certaine attention à un tel sujet.

Bien sûr, il peut être difficile de rester calme et compréhensif lorsque l’on est sous l’emprise de ses émotions. Cependant, cela dépend d’un autre type d’intelligence : l’intelligence émotionnelle que nous avons abordée dans le chapitre sur la connaissance de soi.

De manière générale, la règle à prendre en compte dans la communication non-violente serait de pouvoir dire les choses, parler librement à quelqu’un sans toutefois toucher à l’identité de cette personne, à ce qui la caractérise.

De plus, l’avantage de ce modèle d’expression est que l’interlocuteur sera bien plus disposé à écouter les critiques que vous avez à faire s’il ne se sent pas agressé.

Pour faire passer un message, il faut aussi que vous preniez en considération la subtilité que vous voulez mettre dans sa communication.

4. S’exprimer de manière directe ou indirecte

Commençons immédiatement ce point par une mise en pratique du concept :

Situation :

Vous passez une soirée romantique et sympa avec quelqu’un que vous connaissez depuis peu. Vous vous plaisez mutuellement et vous vous retrouvez devant chez vous dans la situation où vous désirez l’embrasser.

Note : le ressenti à la lecture est différent selon qu’on considère que le « vous » désigne une fille ou un garçon !

Voici l’éventail des possibilités :

  1. S’approcher, prendre sa tête dans vos mains et l’embrasser – Direct, actif, limite agressif
  2. « Embrasse-moi » – Direct, intention claire, pas de place à l’interprétation
  3. « Là, c’est le bon moment pour m’embrasser » – Directif
  4. « J’ai envie de t’embrasser » – Présentation d’une intention
  5. « On pourrait s’embrasser » – Suggestion
  6.  « C’est une situation dans laquelle certains s’embrasseraient » – Parallèle évocateur
  7. « J’aime bien les baisers » – Constatation générale
  8. Attendre et jouer avec ses clefs/ses cheveux/son char d’assaut TX 99 méga pump turbo Flex, bref, ce que vous avez sous la main – Passif, dans l’expectative
  9. Attendre. Être là… ne rien faire – Passif

Chaque numéro correspond à un degré d’explicitation, 1 étant extrêmement démonstratif et 9 laissant toute la responsabilité d’interprétation à l’autre.

Évidemment le panel d’options ne se limite pas à ces 9 exemples et il est facile d’y rajouter tout un tas de nuances !

Bref, quand vous voulez faire passer un message à quelqu’un, il faut prendre en compte que le degré d’explicitation que vous apportez est directement corrélé à sa compréhension.

C’est pour cela que certains qui se sont retrouvés dans le cas de figure 8 attendent encore : parce que le message n’a pas été clair pour l’autre !

Si l’autre n’a pas compris votre intention, il est absolument vain de lui en vouloir, c’est en grande partie votre faute !

Maintenant que nous avons vu plein de trucs super funky sur comment formuler ses pensées, continuons à présent avec un aspect vraiment fun du dialogue, la dialectique.

5. La dialectique

La dialectique c’est l’art de présenter un raisonnement dans le but de rallier l’interlocuteur à son propos.

Pour vulgariser : la dialectique, c’est la compétence d’avoir logiquement raison OU la compétence de donner l’impression d’avoir raison !

Il existe des tas de figures de dialectique dont nous sommes bombardés en permanence et que nous utilisons nous-même à tour de bras. En voici quelques exemples :

–         Ad hominem :

C’est une expression latine qui signifie « à la personne ». Le principe consiste à dénigrer ou réfuter les arguments d’une personne en associant à cette dernière ses arguments.

Par exemple :

– « Tu devrais manger moins de sucreries pour ta santé mon cher Helmut !

– Hé Ho ! Tu vas pas me dire ce que je dois manger, t’es plus gros que moi cousin ! »

Dans ce cas de figure, le conseil de manger moins de sucreries (qui est bon en l’occurrence) est diminué et réfuté par le fait que celui qui le prodigue est en embonpoint.

Ce genre d’argumentation ad hominem est un paralogisme (*raisonnement faux qui a l’air vrai) très efficace mais heureusement facile à repérer !

–         Ad populum :

L’un des chouchous des médias, l’appel « à la foule » se présente comme tel :

« Mangez Chokoblox, le chocolat préféré des Français ! »

« Personne ne fait ça, tu ne devrais pas le faire ! »

Quoi ? Parce que les gens font une chose ou ne la font pas, on devrait s’y conformer ? Et bien ouais, ça se passe comme ça chez Madonna.

Bon, il est vrai que lorsque quelque chose est encensé par la foule, il y a une corrélation avec la qualité de cette chose. Cependant, cela ne constitue en rien un argument valable : le fait qu’une chose soit bien pour beaucoup de monde ne signifie aucunement qu’elle soit bien pour vous !

–         Ad ignorantiam :

« Puisqu’on ne peut pas le prouver, alors j’ai raison ! », l’appel « à l’ignorance » dans toute sa splendeur.

Exemple :

« – Quand je sors de ma chambre, mes jouets s’animent et dansent la samba, mais dès que quelqu’un regarde, ils retournent à leur places respectives dans leur position d’origine !

– Mais bien sur Woody… »

Cette technique consiste donc à dire qu’un raisonnement est juste dans la mesure où l’on ne peut strictement prouver qu’il est faux. Logique fallacieuse mais redoutable… pensez extra-terrestres 🙂

–         L’effet Krausmann :

Utiliser un nom sérieux donne tout de suite un impact et une légitimité aux propos. Pour preuve, si vous avez cru que l’effet Krausmann existe, et bin ce n’est pas le cas ! Mais ça pète nuggets !

Le fait de placer « l’effet de… » Ou « le syndrome de… » Ou encore « la loi de… » Cela incite vos interlocuteurs à accepter ce que vous dites comme une vérité établie !

–         La citation référentielle :

De même que précédemment, une personne peut être citée en référence pour légitimer un argument, on peut faire ici un parallèle avec l’ad hominem :

Cela peut être une personne inventée « Comme l’a démontré le docteur Pito Bullbull aka le messager polisson en 1937. » Bon, là, le nom est vraiment trop abusé pour être crédible mais dans la mesure où vos interlocuteurs ne vont pas vérifier la véracité de ce que vous avancez sur le moment, vous aurez un bon argument dans votre camp.

De plus, le nom de référence peut être celui d’une vrai personnalité éminente « Selon Alain Afflelou, l’œil peut tourner dans son orbite à la vitesse mirobolante de 3 x 10^8 m/s soit la vitesse de la lumière »

Si la technique est utilisée avec plus de finesse, il devient difficile de se rendre compte de la supercherie.

Exemple : « Bill Gates a annoncé que les résultats de Microsoft en 2013 ont été meilleurs que ceux de 2012 »

Cette technique peut avoir de l’impact sur quelqu’un qui n’est pas suffisamment renseigné !

–         Les chiffres et leurs jolies histoires

Les chiffres peuvent considérablement donner du poids à une argumentation, certes, mais ils peuvent aussi bercer d’illusions et ne pas être corrects !

Par exemple, lorsqu’on vous dit que tel produit a « deux fois moins de glucides » ou qu’il lave « trois fois plus blanc », on a l’impression que le résultat est largement meilleur mais le référentiel est extrêmement flou !

Un autre exemple, une entreprise vous engage, vous ne savez pas encore la hauteur de votre salaire mais le patron vous dit que la moyenne dans l’entreprise est de 4020 €. Cela semble alléchant. Cependant votre première paye tombe et s’élève à 1200 €. QUOI ? Bin ouais, la boîte est composée ainsi : 6 employés qui sont payés 1200 €, 2 cadres 2000 €, le frère du patron 11000 € et le patron 18000 €. La moyenne est bien de 4020 €.

Continuons notre spectacle numérique avec l’exemple raconté par Joël Best dans « Damned lies and statistics » , de ce gars qui prétendait dans sa soutenance de thèse que le nombre de jeune tués ou blessés aux USA avait doublé chaque année depuis 1950. Cela semble plausible mais… Si l’on prend le temps de compter et en admettant qu’il n’y ait eu qu’un mort en 1950, on obtient un chiffre qui dépasse largement le milliard d’individus dès les années 1980. Toujours plausible ?

La vigilance est de mise quant à l’utilisation de chiffres, prenez garde à ne pas avaler de couleuvres !

–         Le jargon

Bien qu’il soit parfois nécessaire d’utiliser un jargon spécifique pour aborder certains sujets, il est en général possible d’exprimer des idées directrices assez clairement.

L’utilisation d’un jargon particulier crée un écran de fumée plus ou moins opaque pour le néophyte. Il peut occasionnellement entourer celui qui utilise ce jargon d’une aura d’expertise (qui n’est pas forcement avérée !)

Exemple :

« Choquez l’écoute moussaillons ! » Capitaine Haddock

« J’ai up mon wawa 90 en farmant le cow level, n44b » Un gameur de Diablo II

« Le boson de Higgs, est une particule élémentaire qui permet d’expliquer la brisure de l’interaction unifiée électrofaible en deux interactions par l’intermédiaire du mécanisme de Brout-Englert-Higgs-Hagen-Guralnik-Kibble et d’expliquer ainsi pourquoi certaines particules ont une masse et d’autres n’en ont pas. » Mr Pichon, professeur de CE2

Il existe des tas d’autres techniques de dialectique. Il y en a tellement qu’elles pourraient remplir un livre entier.

D’ailleurs c’est le cas et je vous invite à lire l’excellent Petit cours d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon pour peaufiner votre ninjutsu oral !

Nous voilà à présent parés pour conclure ce chapitre en en reprenant les idées essentielles.

6. Conclusion – Formuler ses pensées

L’art de formuler ses pensées est donc intimement lié à la manière dont nous interagissons avec le monde.

Peu importe le brio de vos réflexions internes, la dévotion de vos intentions ou la subtilité de vos ressentis, si vous n’êtes pas en mesure de les formuler, toutes ces pensées ne pourront atteindre les autres.

Il y a donc une réelle intelligence dans l’action de les communiquer à l’oral ou à l’écrit. À noter qu’il est aussi possible de communiquer à travers l’art et nous verrons cela dans un prochain chapitre.

En étant conscient de l’importance du choix des mots et de leurs conséquences en fonction de vos interlocuteurs, de votre intonation, en prenant en compte les principes de la communication non-violente, et du degré d’explicitation tout en connaissant les fondements de la dialectique vous avez en main tous les outils nécessaires pour formuler vos pensées de la manière la plus fidèle qui soit !

Il s’agit maintenant d’appliquer ces notions au quotidien pour constater une amélioration substantielle de sa communication avec autrui.

Vous pouvez aussi approfondir vos compétences sociales en lisant : Comment se vendre ?

J’espère que cet article vous a permis de voir (ou de revoir) des notions primordiales pour dialoguer avec nos semblables et que celles-ci vous seront utiles.

S’il vous a plu, vous pouvez contribuer à aider des tas de personnes à améliorer la formulation de leurs pensées en partageant l’article.

Ça pourrait bien les intéresser.

Dans tous les cas, je vous souhaite une méga-bonne journée !


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