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Comment les films et les séries te détraquent tes attentes pour la réalité

Ce matin, j’étais en train de regarder mes mails dans la salle principale de l’auberge où je suis en Équateur.

Et là, évidemment, les gens de l’accueil étaient en train de regarder des telenovelas – des séries télé quoi – du genre “Plus belle la vie” en espagnol.

Je dis évidemment parce qu’il y a un méga engouement autour de ce genre de séries à peu près partout où je suis allé dans le monde.

J’ai regardé du coin de l’œil la série et j’ai réalisé un truc, assez pernicieux :

Les séries te détraquent tes attentes par rapport à la réalité.

En poussant un peu la réflexion, je me suis rendu compte que c’était le même principe dans les films et à peu près toutes les séries, pas seulement les telenovelas.

Je précise que je suis fan de certaines séries comme Game of Thrones ou Boardwalk Empire et que je ne critique pas le fait de regarder des séries. Du calme ! Du caaaaaaaaaaaaaaaalme ! DU CAAAAAAAAAAAAAAAAAAALME !

Calmé ? Ok !

Voilà pourquoi :

Dans les séries, on se prend des baffes émotionnelles en permanence. Ou dans les 3 dernières minutes pour Walking Dead pour donner envie de regarder le suivant.

Il se passe des drames épouvantables – du genre voir son papa décapité – ou alors on en crée – Oh dios mío, Pedro m’a trompé avec Cochonetta, comment vais-je survivre ?

L’objectif, c’est de déclencher une émotion forte. Et on voit Carmen pleurer à chaudes larmes pendant quinze minutes pour nous faire bien sentir l’horreur de la situation.

Les séries et les films nous font croire que la vie, c’est des périodes de drames suivies de périodes de félicité absolue. Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Ce qu’ils oublient de nous dire, c’est que La Belle a pris du poids et que le prince s’intéresse davantage au foot qu’à sa femme et leurs gosses Putrine, Stéphoune et Canopied qui se disputent au moins une fois par semaine.

C’est pas super grave, mais ils ne nous le disent pas.

Résultat ?

On imagine que la vie c’est pareil.

On fait des montagnes pour des peccadilles.

On cherche un bonheur tout rose.

On croit que c’est la fin du monde si l’on perd son travail.

On croit qu’on a raté notre relation si on se sépare.

On croit qu’on doit rire, sauter et se rouler dans l’herbe avec un regard niais et amoureux en permanence.

Je vais te dire un truc incroyable.

Fais gaffe que personne ne regarde…

Prêt(e) ?

La télévision, ce n’est pas la réalité.

QUOI ?

QUOI ? QUOI ? QUOI ? QUOI ? QUOI ? QUOI ? QUOI ? QUOI ? QUOI ? QUOI ?

QUOOOOOOOOOOOOI ?

Bon, ok, je sais que tu le sais.

Le truc, c’est que ça se passe à un niveau inconscient : ça nous crée des attentes émotionnelles hyper fortes.

Tu as probablement au moins un pote ou une pote qui fait des caisses avec sa vie émotionnelle. Et ce(tte) gros(se) débile doit se vanter avec des trucs du genre : « Olala, ma vie, c’est un vrai feuilleton ! Hihihi ! HIHIHIHIHIHIHI ! YAAAAAAAAAAAAAHAHAHA ! *pleure* »

Moi, ces gens-là, je leur mets un pain dans la tronche direct.

Bon, ok, c’est pas vrai…

Mais ça me paraissait assez badass de dire : Damien Fauché, c’est le genre de mec qui met un pain dans la tronche à ceux qui croient que leur vie c’est un feuilleton télé.

Et là, j’introduis une petite nuance : ce n’est pas parce que tu as une vie relationnelle pleine de péripéties que tu rentres dans la catégorie ci-dessus. Ni si tu as moins de 14 ans parce qu’à ce moment-là, tu ne captes rien aux relations et que tu crois que tu vas mourir si Putrine/Stéphoune te quitte.

Je parle bien de ceux qui étalent leur vie relationnelle en permanence devant tout le monde et qui pensent que l’univers s’articule autour de ça.

Pas de vos amis proches qui se confient. Ça, ça me semble normal.

Du coup, je vais te dire un autre truc incroyable :

Plus ta vie est vide et creuse, plus tu donnes d’intensité à des détails.

Quand une mamie te hurle dessus parce que tu l’as bousculée sans faire exprès, c’est probablement parce que c’est le highlight – moment fort – de sa journée. Du coup elle crée de l’action émotionnelle quand elle en a l’occasion.

Si ton collègue de bureau est raciste qu’il en peut plus, c’est probablement parce que ça lui donne la dose de haine dont il a besoin pour se sentir vivant. Du coup il se complaît dans un climat de tension absurde qui rend sa vie plus palpitante : “Je suis un gentil et les autres sont très méchants”. À noter aussi que dans ce cas précis, regarder les informations télévisées ne va pas lui faire du bien non plus…

En pratique, dans la vie de tous les jours, la plupart des événements qui se passent ne réclament pas une intensité émotionnelle démesurée. Genre aller acheter son pain à la boulangerie…

Inutile de créer son propre mélodrame pour se mettre au niveau des fictions.

Bien évidemment, tout ne vient pas des séries et des films.

Ce matin, en regardant Carmen pleurer à la télé, je me disais juste que ça y contribuait dans une certaine mesure.

D’où cet article.

J’espère que ça t’aura fait cogiter aussi.

Gros bisous

 

Et bien sûr, si l’article t’a plu, merci de le partager sur ton mur Facebook, sur Twitter ou par mail. C’est le meilleur moyen pour m’aider à toucher de nouvelles personnes avec mes idées. Alors merci beaucoup amigo(a) !

Et aussi, je suis en train de te préparer un bon gros truc de derrière les fagots, ça va être du hautement explosif… J‘en parle ici… Mwahahaha !


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