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#BN6. Comment te connecter aux autres et à la nature

Ce matin, je suis en train d’écrire les premiers mots de cet article confortablement allongé dans mon lit. Il est tôt. La fenêtre est ouverte et les rayons du soleil pénètrent ma chambre d’hôtel alors que le doux son des chants d’oiseaux berce ma créativité. La pièce est encore emplie des senteurs du pain chaud de mon petit-déjeuner. Je suis repu et satisfait. Le ciel est bleu.

Tout est exactement comme ça devrait être.

Plus tard, j’irai peut-être me balader sur les plages de sable fin de la côte équatorienne. Ou pas. Peu importe.

En tout cas, l’idée me plaît.

En attendant, j’écris pour toi, j’ai le sourire aux lèvres et j’espère que ce billet va t’aider.

Aujourd’hui, je vais te parler d’une prérogative au bonheur, aussi importante que toutes celles que nous avons déjà vues et avec des effets peut-être plus spectaculaires encore.

L’objectif de cet article, c’est que tu puisses te sentir connecté aux autres et à la nature.

Ça demande une certaine gymnastique du cerveau, ce n’est pas commun chez la plupart des gens, et ça peut faire une différence considérable dans ta manière de vivre.

Personnellement, je pense que c’est la réalisation la plus puissante de la série.

Et son efficacité n’a d’égale que sa difficulté à mettre en place.

Alors accroche ta ceinture. C’est parti !

 

Sortir de ta perspective

Jusqu’à présent, nous nous étions surtout focalisés sur ta responsabilité concernant ton bonheur et ta manière d’interpréter et mener ta propre existence. C’est déjà pas mal.

Pour continuer le grand tableau de notre exploration du bonheur, il faut y ajouter une autre perspective : la manière dont tu es connecté aux autres et à la nature.

Parce que, oui, tu es connecté aux autres et à la nature que tu le veuilles ou non.

Sans tes parents – ou docteurs en laboratoire – tu ne serais pas né(e). Sans la nature, tu ne pourrais pas te nourrir, boire, respirer.

Une des principales causes du malheur, c’est de te sentir déconnecté de tout ça.

Plus tu te persuades que tu es à l’écart des autres et de la nature, moins tu es heureux. C’est con hein.

Le pire, c’est que c’est toi-même qui te crée cette sensation. SM power.

Malheureusement, c’est une tendance assez inconsciente et naturelle.

L’humain a le chic pour s’apitoyer sur son sort.

Le procédé psychologique qui chapeaute tout ça s’appelle l’aversion à la perte.

Dans les grandes lignes, ça implique que l’on est entre deux et quatre fois plus affecté par la perte de quelque chose que l’on est satisfait par l’acquisition de cette dernière.

Exemple express : Je m’achète une super voiture = j’éprouve une satisfaction d’intensité 100 au moment de l’achat (voire même pendant une semaine)

Je me la fait voler = j’éprouve une déception d’intensité 300 au moment de la perte (voire même pendant une ou plusieurs semaines)

C’est mon poto Daniel Kahneman qui a découvert ça dans les années 90. Si tu veux approfondir tes recherches.

Là, j’applique son principe à un cas spécifique que je trouve primordial pour le bonheur.

Alors, étant donné que ta connexion aux autres et à la nature est innée et inaliénable, tu souffres trois fois plus si tu la renies que si tu l’acceptes.

Le calcul est simple : tu seras plus heureux à observer les manifestations de tes connexions que celles de tes déconnexions. Easy.

C’est une perspective plus grande que toi. C’est toi connecté au reste de la vie.

Note : Je me rends compte que je sonne comme un gourou spirituel. En vrai, ce n’est pas si mystique que ça, tout le monde peut comprendre cette sensation. Je t’invite à essayer, ça vaut vraiment le coup. Lis-donc la suite !

 

Pardonner

Le plus difficile dans l’affaire, c’est que l’on pense (toujours) avoir raison. Sinon pourquoi on ferait ce qu’on fait ?

Du coup, on pense que c’est nous qui avons raison dans tous les conflits.

Mon père est un con.

Mes enfants sont bons à rien.

Mon ex est une *flûte*.

Mon boss est un radin.

On en oublie complètement la perspective de l’autre.

On justifie sa position à grand renfort d’arguments.

On cherche à rallier d’autres personnes à sa cause pour se persuader encore plus d’avoir raison.

C’est assez épuisant.

“Oui mais dans mon cas, j’ai raison…” TA GUEEEEEEEEEEEEEEEEULE !!!

Le seul intérêt est de satisfaire son égo.

Ça ne rend pas heureux pour un sou.

Si tu es en colère envers quelqu’un, ça n’a aucune importance de savoir si tu as raison ou si l’autre à tort.

Encore plus si cette personne est un membre de ta famille.

Je le répète : ce n’est pas important. C’est dans ta tête.

Prends une bonne respiration et un peu de recul : est-ce que cette personne est importante pour toi ?

Sois honnête envers toi-même.

Et même si c’est de la haine que tu ressens pour cette personne, réalise que tu n’y es pas indifférent(e).

Tu te retrouves donc avec deux options : ou bien cette personne est importante pour toi ou alors elle ne l’est pas.

Si cette personne n’a pas d’importance à tes yeux alors pardonne-lui. Dis-toi qu’elle avait ses raisons de te faire souffrir, même si tu ne les comprends pas et que tu y as survécu.

De toute façon tu t’en fiches un peu puisque cette personne ne compte pas pour toi.

Tu te porteras mieux sans le fardeau d’une peine passée sur laquelle tu ne peux pas agir. Abandonne ta rancune ou ta rancœur si elle ne te sert à rien. Pardonne-lui sincèrement et passe à autre chose, ça te fera du bien.

En revanche, si cette personne a de l’importance à tes yeux, alors ce n’est pas important de savoir qui a raison.

Réalise à quel point cette personne compte pour toi et la futilité de l’évènement en question.

Ce sont tes parents qui t’ont élevé(e) depuis ta naissance, qu’est-ce qu’on s’en fiche qu’ils ne te donnent pas d’argent si tu n’en a pas suffisamment une fois que tu as passé 16 ans.

C’est ton/ta meilleur(e) ami(e) depuis que tu es gamin(e), qu’est-ce qu’on s’en fiche qu’il/elle ait couché avec ton ex.

C’est ton frère/ta sœur, qu’est-ce qu’on s’en fiche de qui aura l’héritage.

Parfois, il faut sortir la tête du guidon, se relever et réaliser la futilité de certaines choses, même si leur impact émotionnel immédiat fait l’effet d’une bombe.

Après que la crise soit passée, tes parents restent tes parents, ton frère ton frère et tes amis espérons-le tes amis.

Si l’évènement perturbateur est trop important pour toi, alors prends le temps de le digérer, n’envenime pas la dispute, prends du recul.

Le temps est un bon juge.

Ne reste pas bloqué dans un conflit par fierté ou par honte.

Exprime clairement ton ressenti et l’intensité de tes émotions, ne juge pas les motivations de l’autre.

Si tu ne te sens pas capable de te révéler de vive voix, fais-le par écrit. Relis ta lettre, enlève l’agressivité.

Expose à l’autre tes sentiments. Présente tes excuses pour ce que tu as fait qui a pu le blesser. Ne te justifie pas, ça n’a pas d’importance. Raconte ta souffrance si tu en ressens le besoin, sans le faire culpabiliser pour autant. Envisage son point de vue et pardonne-lui ce que tu lui reproches.

À partir de là, tu peux renouer le lien si l’autre a le courage de faire lui aussi un pas dans ta direction, ou tu peux mettre un terme à votre relation.

Dans tous les cas, en procédant ainsi, tu te libères de ton surplus d’émotions étouffantes et tu crées l’opportunité de renouer votre connexion.

Peu importe le résultat de la démarche, tu agis en personne honnête et sensée. Et ça, c’est extrêmement rare et précieux.

Et le plus intéressant dans l’affaire, c’est que ça a de bonnes chances de te rendre heureux.

Puis comme ça tombe pile dans le sujet, j’en place une ici pour les parents.

Parce que les conflits, extériorisés ou intériorisés, avec les parents, c’est inévitable.

Être parent, c’est pas évident.

Et forcément, c’est facile de leur reprocher ce qu’ils auraient dû faire ou ne pas faire.

Et c’est encore plus facile de les blâmer pour se dédouaner de ses propres responsabilités.

Alors je vais te révéler deux grands secrets : ton papa, il n’est pas parfait et ta maman, elle n’est pas parfaite. Arrête de leur en vouloir et passe à autre chose. Tu es un grand garçon/une grande fille.

Révélation !

Ils se plantent comme tout le monde, ils ont des défauts – certains sont même des gros connards il faut l’avouer.

Devenir adulte, c’est accepter que tes parents ne soient plus tes anges gardiens bienfaiteurs, ou des démons dont l’unique but est de te pourrir la vie, mais bien des humains avec leurs forces et leur faiblesses.

Bon, je dis ça comme si c’était facile à réaliser, mais pour ma part ça a été un parcours assez mouvementé ! Tu te doutes bien qu’avec toutes mes idées farfelues, j’ai pas dû être un gamin commode à élever !

La transition à l’âge adulte, c’est traiter tes parents sur un pied d’égalité sans leur projeter tes propres fantaisies de comment ils devraient être.

C’est leur pardonner leurs imperfections même si en pratique, ils n’ont rien à se faire pardonner.

Maman, papa, si vous lisez ça, je vous aime fort ! Même si je vous ai fait galérer parfois, haha.

Pardonner, c’est l’une des compétences les plus libératrices que tu peux travailler.

Les résultats sont spectaculaires, autant sur ton environnement que dans ta propre tête.

N’attends pas trop longtemps pour t’y mettre.

 

Contribuer

Un autre aspect assez surprenant du bonheur, c’est de te rendre compte que plus tu contribues à celui des autres, plus tu es heureux toi-même.

Attention, je ne parle pas de ceux qui essayent de rendre les autres heureux dans l’intention d’attirer désespérément l’attention sur eux. Eux, c’est des *flâgadaflûhflûh*.

Je parle de ceux qui investissent volontairement leurs ressources pour contribuer au bonheur des autres.

Pas de ceux qui se sentent obligés de contribuer au bonheur des autres. Grosse différence.

Lorsque rien ne t’y oblige et que tu aides des personnes à être heureuses/réaliser leurs rêves, de manière désintéressée, tu en retires un sentiment de satisfaction très spécifique qui te permet d’élever ton niveau de bonheur.

Une étude de Harvard a même découvert que faire des dons à la charité rendait les gens plus heureux, et ça peu importe le montant ou la raison pour laquelle ils donnaient.

Aider les autres et être heureux pour les autres, c’est une autre compétence rare et précieuse dont les retours sont extraordinaires.

Souviens-toi de la dernière fois où tu as contribué de manière significative à un projet plus grand que toi.

Souviens-toi de la dernière fois où tu as œuvré pour le rêve de quelqu’un que tu soutenais.

Souviens-toi de la dernière fois où tu as aidé quelqu’un sans arrière-pensée, juste pour rendre service à cette personne.

Tout ça, ça renforce ton sentiment de connexion aux autres.

Ça renforce ton bonheur personnel.

 

Exercices

1. Tenrac not sros. En verlan.

2. Si tu n’en a pas encore créé, inaugure une page « gratitude ».

Pense à une chose pour laquelle tu es reconnaissant et plonge-toi aussi profondément que possible dans ce sentiment.

Note cette chose sur une page.

Pense à ce(tte) passant(e) qui t’a souri et qui a illuminé ta journée. Remercie le/la mentalement pour avoir allégé ton esprit de tes tracas.

Pense à la lecture de cet article qui t’a fait réfléchir. Remercie mentalement son auteur d’avoir pris le temps de l’écrire sans gagner un seul centime pour autant. Avec plaisir !

Pense à ta/ton partenaire qui t’a fait une petite attention. Remercie la/le de s’occuper de toi.

Pense à tes parents qui se soucient de toi, même si ce n’est pas de la manière dont tu le voudrais. Remercie-les de s’inquiéter de ton bien-être malgré tout.

Pense au soleil qui vient chauffer ta peau. Remercie-le de te procurer cette sensation de bien-être.

Pense au délicieux repas que tu as fait ce midi. Remercie celui ou celle qui l’a cuisiné et les aliments qui l’ont composé.

Etc…

Prolonge l’émotion tant que tu t’y sens bien.

Recommence. Prends l’habitude de le faire. Chaque jour. Au moins une fois par jour. Avec le sourire.

3. Pense à une personne à qui tu tiens. Dis-lui ce qu’elle t’apporte dans ton existence et ce que ta propre vie ne serait pas sans elle. Fais-le par écrit. Donne-lui la lettre (ou envoie le mail !)

Petit à petit, fais-le avec toutes celles et ceux qui comptent pour toi. La vie est belle, courte et elle est encore plus intense lorsque l’on partage ses plus beaux sentiments. Rien ne t’y empêche à part tes propres limites.

4. (Pour les plus courageux(ses)) Refais l’exercice 3 avec une personne avec laquelle tu es en conflit à l’exception près que tu n’es pas obligé de donner la lettre. Mais tu peux le faire. C’est toi qui vois !

Ça te fera du bien de l’écrire en tout cas.

 

Être heureux, je ne sais pas si c’est inné.

En tout cas, ça se travaille.

J’ai la chance d’être heureux dans ma vie. Et c’est plutôt génial d’ailleurs !

Bien sûr, j’ai des hauts et des bas, des joies et des peines… Cela fait partie d’un tout.

Et alors que j’ai migré vers la plage pour profiter de la légère brise qui vient tempérer le soleil orangé de fin d’après-midi, je voudrais aussi te dire que ce n’est pas tellement ce que j’ai qui me rend heureux, c’est d’être reconnaissant d’avoir ce que j’ai. Y compris le soleil sur ma nuque et les parfums des palo santo (arbres à encens) qui m’enivrent au rythme des rires d’enfants.

Ta vie – qu’elle soit semblable à la mienne ou pas – est pleine de choses envers lesquelles tu peux être reconnaissant(e).

Prends l’habitude de remarquer ces choses-là et de leur faire de la place.

C’est l’une des composantes essentielles du bonheur.

Et pas des moindres.

Dans le prochain #BN, qui sera aussi le dernier, je révélerai le pourquoi de cette série et ma recette personnelle du bonheur.

Ça va être un concentré d’idées avec un tas de concepts qui fonctionnent pour moi.

Gros bouillonnement de cerveau en perspective.

 

 

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